Alignement et coffrage des pointes d'ailes


ALIGNEMENT DES POINTES D'AILES

Par Chris FRANCK

L'alignement des nervures dans les parties elliptiques des ailes pose problème. Voici la technique utilisée par notre ami Christopher FRANK, Pouduciéliste de New-York.

D'abord, on enfile toutes les nervures sur le longeron principal et des chutes et planchettes de bois sont disposées pour les aligner temporairement.

En second lieu, on fixe un long morceau de "fil" raide aux extrémités des nervures. Comme fil, utiliser par exemple une tige de plastique ou tout autre matériau assez souple pour suivre la courbe attendue, et en même temps assez raide pour garder cette forme qu'on lui impose.

Quand cela est fait, toutes les irrégularités dans la forme du bord deviennent visibles. Les nervures peuvent alors être déplacées pour corriger n'importe quel défaut d'alignement. Les nervures sont alors collées sur le longeron, à leur emplacement définitif, avec le fil repère toujours en place.

Troisièmement, on place un morceau de papier fort au-dessus du fil et on trace une ligne sur le papier en utilisant le fil comme guide. Ce tracé devient alors le patron descripteur pour le bord réel.

Le processus prend un peu de temps, mais les résultats en valent la peine.


Par Paul PONTOIS


Yves TARTRAT a décrit dans le bulletin AFM n°13 (mars 99), une méthode pour obtenir un beau coffrage en CTP des arrondis des bords d'attaque des pointes d'ailes. Cette méthode, selon certains, n'est pas facile à mettre en œuvre, car le contreplaqué reste rétif et a tendance à se casser, malgré la chaleur et l'humidité de la vapeur.

Robin GERMON a inventé une méthode intéressante, expérimentée également avec succès par Paul PONTOIS. Il s'agit d'utiliser un matériau disponible sur le marché de l'aménagement intérieur des bateaux: de la mousse Klégécell rigide, fournie en plaques de 10 mm d'épaisseur dans une dimension de 2,40 x 1,20 m, très légères et rigides. Ce matériau porte au Canada le nom de Divinycel.

Le principe est le suivant: on applique sur l'arrondi de bord d'attaque un morceau de Divinycel de taille suffisante pour combler l'espace entre deux becs de nervures, et on forme la plaque en arrondi en s'aidant d'un pistolet à air chaud. Lorsque la courbure est correcte, on trace au crayon depuis l'intérieur du bord d'attaque le long des nervures, et on découpe la plaque soigneusement pour qu'elle s'encastre gentiment et sans jeu entre les deux nervures. On procède ainsi pour l'ensemble des couples de nervures de l'arrondi des pointes, extrados et intrados.



Cet échantillon de démonstration a été réalisé par Paul Pontois.
Il est déjà recouvert de tissu de verre et de résine (l'échantillon, pas Paul!)

Quand tous les éléments de Divinycel sont formés et découpés, on les colle soigneusement à leur place. L'épaisseur de la plaque de Divinycel est suffisante pour permettre le ponçage qui assurera la réalisation de raccordements parfaits entre les plaques de mousse, d'une nervure à l'autre (« ... des courbes dignes de Phidias ... », dixit Paul Pontois!).

Pour terminer, on recouvre le Divinycel d'une légère couche de résine époxy, puis d'un voile fin de tissu de verre, puis d'une seconde couche légère de résine. Après un ultime ponçage, l'arrondi est parfait, et la rigidité est excellente. On entoile alors sans autre forme de procès. Attention, le Divinycel est sensible à l'acétone ; il vaut donc peut-être mieux ne pas entoiler avec les produits Poly-Fiber, dont le solvant de base est justement à base d'acétone.

Ici, on distingue bien la structure cellulaire du matériau.

Le principal ennemi quotidien du Divinycel est certainement la lumière solaire et ses UV. Sous le polyester, la fibre de verre, l'enduit aluminium et la peinture, la protection est assurée pour des années, et il n'y a pas de risque de dépolymérisation de la mousse sous l'action des ultraviolets. Quant au résultat, c'est paraît-il un plaisir pour les yeux.



Paul PONTOIS nous propose cette démonstration en 3 images, pour preuve de l'efficacité de la méthode:





1- Découpe et mise en forme à l'air chaud ...




2 - Encastrement et collage ...




3 - Après ponçage: le résultat!


Il faut bien avouer que c'est très convaincant ...

ATTENTION DANGER
: à la lumière d'autres études présentes sur Pou.Guide et qu'il faut avoir consultées ("connaître" / "CTP et efforts"), il ne serait pas judicieux de réaliser le coffrage de bord d'attaque de la partie centrale de l'aile uniquement avec du Divinycell, dont la résistance mécanique, bien qu'inconnue, est très certainement insuffisante! En effet, le revêtement de bord d'attaque effectue un travail important dans la structure de l'aile.

Voici l'adresse du site web du fabricant du Divinycell, communiquée par Paul PONTOIS:
http://www.divinycell.se/frameset/fr_mail.htm
Sur ce site, vous trouverez toutes les infos techniques et commerciales voulues, et les adresses où acquérir le produit. Par exemple, le dépositaire pour la France se trouve à Montargis (diab.sa@wanadoo.fr).
(Note du webmaster (juin 2009): les liens sont morts)



Janvier 2011:

Des photos du très beau travail de Robert Labelle - pointe d'aile HM360 (transmis par Paul PONTOIS):

(...) première pointe d'aile dont je vient de finir le recouvrement en contreplaqué, il me reste le remplissage des déformations et un sablage de finition, ensuite recouvrement en fibre de carbone de la pointe en styromousse. Pour ce qui est des deux pointes de l'ailes avant, je crois que je ferais tout le recouvrement en fibre de carbone (...)

Pour répondre à la question du pliage c'est assez simple, j'ai procédé comme avec une feuille d'aluminium que l'on veut plier sur deux axes sphériques, j'ai entaillé le contreplaqué pour obtenir la deuxième courbe, la première courbe celle qui va de l'intrados à l'extrados ou vice versa, je l'ai plié à la vapeur.

Ce que je n'ai pas apprécié c'est qu'il faut mettre beaucoup d'agrafes pour bien retenir le cp et qu' entre la nervure D et E j'ai utilisé du cp 0.8mm " suggestion de notre ami André Letourneau" dès le pliage à la vapeur le cp ce déformait, j'ai alors eu l'intuition qu'il ne garderait pas un beau galbe sous la pression du pliage, ce qui s'est confirmé.

Si j'avais à recommencer je n'utiliserais pas du ctp de moins de 1mm et je trouverais un autre moyen pour presser le ctp sur le saumon de l'aile au lieu de toutes ces agrafes.

(...) deux photos, une du pliage à la vapeur et l'autre du cp entaillé de la première aile, pour la deuxième, j'ai fait les entailles en forme de V donc le ctp repose bien à plat sur le saumon de l'aile et non pas une entaille superposée à l'autre.

Robert LABELLE

 


 


Bibliographie: Bulletin AFM n° 13 - mars 1999
Origine de l’article: proposition de Paul PONTOIS
Auteur: Paul PONTOIS
Groupe d'étude: Paul PONTOIS et Jean-Pierre LALEVÉE
Photos: Paul PONTOIS, Robert LABELLE
Rédaction: Jean-Pierre LALEVÉE
Mise en page: Thibaut CAMMERMANS
Pour toute question, correctif, mise au point, ajout: contacter l'auteur.


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