Fabrication d'un guide coulissant pour percer l'étambot


par Paul PONTOIS



Les constructeurs amateurs sont parfois d'une très grande habileté et leur dextérité naturelle leur fait parfois considérer comme simples des opérations relativement délicates. Ce n'est pas pour autant que les constructeurs moins habiles, mais tout aussi motivés, doivent de résigner à faire du mauvais travail. L'ingéniosité doit alors suppléer au talent.

C'est ainsi qu'à force de regarder avec appréhension l'étambot de mon HM-293, belle pièce d'ébénisterie que je devais percer de part en part et avec précision pour y fixer les ferrures en V soutenant l'axe du gouvernail, je me mis à chercher un moyen me permettant de faire facilement (et sans aide) cette opération délicate.

Peine perdue, l'inspiration ne venait pas. Un beau jour, toutefois, j'avais à tracer un trait bien droit en bordure d'une planche et j'allais rechercher mon vieux trusquin. En regardant sa planchette carrée et la tige de bois qui y coulissait en douceur, j'eus l'idée d'appliquer ce principe et de faire un guide coulissant pour ma perceuse électrique. La planchette serait agrandie et le collet de la perceuse y serait encastré. La tige carrée en bois serait allongée et se terminerait en potence munie d'un petit pivot métallique situé juste en face de la mèche de la perceuse. Il suffirait donc de positionner le petit pivot à l'endroit où la mèche devait sortir et de percer par l'autre côté. La perceuse, coulissant sur la tige en bois, n'aurait d'autre choix que de percer le trou exactement selon le chemin choisi.

D'abord, les secrets de l'outil:

J'ai donc, comme le montrent les photos, coupé et collé quelques chutes de bois. La fabrication du guide, si l'on ne tient pas compte du temps de séchage de la colle, ne m'a pas pris plus d'une demi-heure.


Quelques bouts de bois suffisent



Le "bidule" en cours de collage



Le "bidule" est opérationnel. Pour que la tige coulisse très facilement, je l'ai frottée de savon.




Comment j'ai procédé pour percer l'étambot:


Les trous des ferrures doivent être percés à l'avance, les petits tubes d'articulation de la dérive soudés et les ferrures pliées à l'angle exact de l'étambot. Les trous des ferrures sont ensuite biseautés à l'aide d'une queue de rat (petite lime ronde) pour tenir compte de l'angle de l'étambot. Les deux ferrures doivent être soigneusement positionnées sur l'étambot en utilisant de très courtes vis à bois, à peine enfoncées dans un des trois trous de chaque côté. Pour que les petits tubes d'articulation aient leurs axes bien alignés, il est recommandé d'enfiler une tige métallique dans les deux tubes pour la durée du perçage.

Pour percer un trou, on place d'abord le petit pivot du guide dans le trou de la ferrure où la mèche doit ressortir, puis on positionne la perceuse et on la fait coulisser sur la tige carrée pour que la mèche se trouve en face du trou de départ. Le trou doit se percer en deux fois, la moitié de chaque côté. À mi-course, on change de côté.

Le résultat est parfait. Comme pour le tunnel sous la Manche, les 2 côtés se rejoignent exactement. Quand les deux premiers trous sont percés de part en part, on peut y glisser les tiges filetées, les ferrures ne pourront plus bouger. On enlève ensuite les vis à bois provisoires des troisièmes trous et on continue le travail. Avec cette méthode, il est bien difficile de se tromper.

Je pense que le même dispositif serait pratique pour percer les longerons d'ailes.
Je l'ai utilisé également pour percer les longerons du fuselage.
Un bricoleur habile à travailler le métal pourrait sans doute améliorer ce gadget et en faire un véritable outil.




Origine de l’article: proposition de Paul PONTOIS
Auteur: Paul PONTOIS  (septembre 2000)
Photos: Paul PONTOIS
Mise en ligne: Thibaut CAMMERMANS

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