Longerons de fuselage et quille


Par Paul PONTOIS


Voici une petite variante aux plans de M. Grünberg concernant les longerons et la quille du fuselage, que je me suis permise pour faciliter le travail. Elle intéressera peut-être les constructeurs dont les bois ne sont pas encore débités.

Dans une construction précédente, je m'étais rendu compte de la difficulté de courber des lattes de bois épaisses, même en les mouillant, sans compter le risque de laisser des poches de résine invisibles dans l'épaisseur du bois. La qualité du bois est également plus facile à respecter pour les faibles épaisseurs.

J'ai donc contrecollé (au Québec, nous disons "laminé") pour les longerons supérieurs, quatre lattes de 20 x 10 au lieu des deux lattes de 20 x 20 préconisées sur le plan. Je n'ai pas eu à les mouiller pour les courber correctement, ce qui constitue un premier avantage.

Autre avantage, j'ai pu continuer avec 3 lattes sur 4 (au lieu de 1 sur 2) jusqu'après la fixation du longeron arrière de l'aile arrière. Ma tige filetée traverse donc une largeur de 30 mm de bois et non plus de 20 mm.



Pour les longerons inférieurs, J'ai contrecollé une baguette de 7,5 x 30 et une autre de 7,5 x 25 au lieu d'utiliser une seule baguette de 15 x 30. Je les avais biseautés à l'avance, et de ce fait le ponçage (Québec: sablage) n'est plus qu'une formalité.




L'avantage ultime réside dans le fait qu'une lisse constituée en lamellé-collé conserve "naturellement" la forme qu'on lui donne au collage, sans tendance à revenir à sa forme antérieure.

Pour la quille, avant de contrecoller les deux 10 x 20, j'ai pris soin de biseauter la baguette supérieure en forme de chapeau comme indiqué sur le plan, ce qui était plus facile que de biseauter après assemblage.

Une remarque en passant: la fixation de la quille sur l’étambot n’est pas expliquée sur le plan (planche 1, à droite). Toute initiative est laissée au constructeur. Rodolphe Grünberg conseille une petite pièce triangulaire en bois, encochée, qui s’appuie sur l’étambot et sur les longerons inférieurs et dans laquelle s’encastre l’extrémité de la quille. Cette pièce est bien visible sur la photo n°1.

Le contrecollage des baguettes minces destinées à former une lisse s'effectue en encollant les baguettes brettées (rendues rugueuses) sans aucun manque, puis en les plaçant au contact en suivant un gabarit soigneusement établi grâce à des butées en bois sur une table ou une planche de longueur suffisante, protégée par un film plastique. On serre l'ensemble avec un grand nombre de serre-joints serrés fortement (mais sans excès), de telle sorte que la colle sorte par les joints. Puis on attend le séchage complet de la colle en respectant sa notice d'emploi.
Lorsque les serre-joints sont enlevés, il ne reste plus qu'à éliminer les bavures de colle, à tailler à bonne longueur la lisse obtenue, et à l'utiliser comme prévu sur le plan.


L'avis de Michel JACQUET

"Si je suis en principe contre les modifications du plan, car souvent elles vont a l'encontre de l'efficacité, j'approuve pour l'avoir pratiquée moi aussi cette utilisation du laminé qui a mon avis donne plus de rigidité aux pièces ainsi réalisées.
Sur mon premier Pou j'avais réalisé la fourche de la roue arrière de cette façon. Pour conclure, j'encourage l'utilisation de ce procédé.
"

Dans la grande majorité des cas, les lamellés sont avantageux:
- meilleure garantie de détection et donc de suppression des poches de résine;
- amélioration de la résilience (du "nerf") de la pièce réalisée de la sorte (les arcs en bois sont faits ainsi);
- homogénéisation des qualités et gommage des défauts éventuels (car on prend soin d'inverser les fibres d'une planche à l'autre);
- conservation naturelle de la forme après séchage;
- pas de nécessité de mouiller pour la mise en forme (si les planches sont minces);
- possibilité d'allègement puisqu'à qualités de résistance égales, on peut diminuer les sections (ce qui n'est pas forcément à faire sur le HM-293);
- meilleure résistance à l'humidité et aux bestioles.
Il suffit de voir les portées qu'on peut obtenir avec des charpentes en lamellé pour être convaincu du bien fondé de la technique.

En revanche, il faut employer une bonne colle, et on a un peu plus de travail...

Parcourez donc ce site plein d'enseignements et de renseignements (y compris sur les colles à employer): http://www.glulam.org/news.htm


 

Origine de l’article: proposition de Paul PONTOIS; liste de diffusion POUGUIDE
Texte: Paul PONTOIS, M. JACQUET, J.-Pierre LALEVÉE
Photos: Paul PONTOIS
Mise en ligne: Thibaut CAMMERMANS


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