Le HM 293 à flotteurs de Jacques Arnould


Jacques Arnould a fait œuvre d'originalité en construisant ce qui est sans doute le seul HM 293 ULM hydro du monde. Par l'intermédiaire de Paul Pontois, il propose ici une description de son travail.

Les flotteurs que j'ai adaptés à mon HM 293 peuvent être sûrement améliorés et simplifiés. Les matériaux sont le bois, la mousse, la fibre de verre pour les parties non développables, ce qui ne présente aucune difficulté pour les amateurs.

Ils ont une flottabilité suffisante pour un pilote jusqu’à 80 kg (j’en pèse 67). Un ami l’a prouvé, qui a pu voler avec l'appareil. Ils pèsent environ 12 kg chacun. Je ne peux pas dire quelle est leur influence sur le vol car il faudrait comparer dans les mêmes conditions avec un appareil terrestre identique.



Le 293 hydro en vol au dessus du lagon
(il ne faisait pas beau ce jour là...)


Le moteur est un Rotax 503 mono carburateur, refroidissement par air, allumage simple par rupteur, réducteur à courroie crantée de ½. En croisière à 90 km/h, il tourne à 4500 t/mn avec une hélice de 1.50 m) et consomme environ 8 litres/h. Le boisseau du carbu est alors ouvert entre ½ et ¼ (j’ai fait des repères sur la manette des gaz. Ce moteur est monté en position normale, bougies en haut. Le collecteur d’échappement, soudé par un professionnel, est en dural de 4 mm.

Le pot d’échappement est une grosse marmite en alu épais, placée entre le moteur et la cloison pare feu. Rien ne dépasse donc du capot, sauf le volumineux silencieux d’admission que j’ai été obligé de rajouter à l’extérieur du capot gauche car, hélas !, le moteur n’arrivait pas à digérer les embruns (d’eau de mer) que les classiques filtres à air n’arrêtent pas.

À l’origine, la contenance du réservoir était de 16 litres environ, mais je l’ai remplacé par un autre en CTP 15/10e + fibre de verre/epoxy de 26 litres, ce qui autorise une autonomie appréciable.

Le démarrage se fait par lanceur manuel et renvoi dans le fond du cockpit par une poulie de grand diamètre. En général il démarre au 1er ou 2ème coup de lanceur, si l’on a pris la précaution de le noyer légèrement avec la seringue d’injection installée sous le tableau de bord (provenance moteur hors-bord Johnson).

Comme mon avion est dans le garage à la maison, j’ai tout loisir de vérifier les différents éléments entre chaque vol (bougies, courroie, circuit d’essence et électrique, rinçage, etc.) : vivent les ailes repliables !

En hydravion, la formule Mignet a un gros avantage : du fait que c’est l’aile AV qui assure le tangage, à l’atterrissage ou au décollage le fuselage ne présente qu’un angle très réduit avec la surface de l’eau et de ce fait les flotteurs sont très peu cabrés; ces 2 configurations du vol, si critiques sur les hydravions classiques à flotteurs, ne sont qu’une formalité sur le HM 293. Quand on se pose, on passe pour un super pilote aux yeux des terriens spectateurs alors que l’avion se pose, en fait, tout seul !

Comme vous pouvez peut-être le voir sur la photo ci-dessous, j’ai prévu à la construction des volets sur l’aile AR, comme M. Croses à fait sur ses " Criquet ". Je savais qu’ils ne servaient à rien sur le 293 terrestre, comme de nombreux constructeurs / pilotes l’attestent. Mais j’avais peur d’un éventuel couple piqueur dû d’une part à la position haute du point de traction par rapport à la surface et d’autre part à la résistance des flotteurs. En fait, il n’en est rien et ces volets restent tout le temps en position neutre, ils sont donc inutiles aussi en configuration hydro : une complication que j’aurais pu éviter, je peux l’assurer maintenant.



J’ai fait en sorte de conserver les ferrures (ou leur emplacement) du train d’atterrissage d’origine. De cette façon, il est possible de remettre l’appareil en configuration terrestre sans modifier la cellule. Simplement, il faut prévoir à la construction les renforts nécessaires à la pose des ferrures de soutien des jambes de flotteurs (en tube de 20 ou 22 mm). J’ai figuré tout cela dans mes croquis (ci-dessous).

Notes concernant la construction :

1. Découper la nervure dans du CTP de 4 mm, coller les baguettes de pont et de fond de chaque côté (la ligne de pont pourrait être droite, ce n’est qu’une question d’esthétique).



2. Si ça devient dur à courber à l’étrave, aller jusqu’au maximum et couper les lattes (le nez sera fait séparément par la suite) ne pas couper la forme en CTP.

3. Tracer l’emplacement des couples et découper des trous d’allégement si l’on veut ;

4. Tracer et découper les couples 5, 6, 7 et 8 qui sont identiques (CTP de 3 mm) le couple 9 également après avoir vérifié si la hauteur correspond, car j’ai pu faire une petite erreur. Partant de la hauteur, il est facile à tracer puisque tous les angles sont les mêmes. Les couper en deux sur la ligne d’axe en enlevant 4 mm (épaisseur de la nervure centrale). Les coller à leur emplacement avec 2 baguettes de 10x10 pour un bon collage (auparavant, il faut découper les encoches pour les lisses d’angles en laissant assez de longueur vers l’étrave et vers le tableau AR) feuille 1, relever les côtés largeur et hauteur et tracer et découper les couples même procédure vers l’AR après le couple 9. Toutes les pentes sont les mêmes. Poser ensuite les couples et les lisses.



5. Quand ce squelette est terminé, on peut poser le revêtement 4 mm du pont (dessus du flotteur) qui donnera de la rigidité à l’ensemble, et coller les renforts de ferrure.

6. Coller les flancs verticaux après avoir fait les raccords car les feuilles de CTP ne sont pas assez longues, on n’est pas obligé de faire des entures. On peut coller bout à bout sur une languette de CTP assez large, de préférence entre 2 couples, pour ne pas faire de surépaisseur. Ces flancs sont en CTP de 3 mm. Comme des 2 flancs inclinés ne sont pas en place, il est facile d’utiliser des serre-joints ou des pinces à linge (gros modèle).

7. Après avoir affleuré tout ça, on peut coller les flancs inclinés qu’il faudra alors agrafer aux pointes (toujours CTP 3 mm). En mettant le flotteur à l’envers, on peut facilement poser et coller les renforts des tubes de barre d’écartement. Quand la colle est sèche, percer les trous, installer, coller (résine Fibre de Verre) les tubes de 25 (après les avoir dépolis pour un meilleur collage) et boulonner les ferrures de pont / bien les aligner ! ). On peut alors fermer les flotteurs en posant les fonds en 4 mm.



7. Pour le couple 8 : il faut coller 2 baguettes d’appui pour le revêtement du fond de la partie AR après le redan (voir feuille 3) pour l’étrave ; on s’arrête vers le couple 1 si les baguettes sont trop dures à cintrer. On colle, de chaque côté de la partie AV de la nervure centrale, 2 morceaux de mousse (styrofoam ou autre) et on ponce à la forme, ensuite 2 ou 3 couches de tissu de verre fin (120 ou 150 g).

Cliquez sur chaque plan pour agrandir dans une nouvelle fenêtre :
































Conclusion :

Tels quels, ces flotteurs vont bien, mais on peut les améliorer. Ces notes ne sont là que pour donner des idées de départ.
On pourrait par exemple, poser des virures longitudinales pour améliorer le déjaugeage, on pourrait aussi les faire tout en mousse et fibre de verre, carbone, kevlar, etc.

On pourrait ancrer les barres de liaison sur le pont, c’est plus simple, mais moins joli et moins aérodynamique, etc.,etc..




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D'autres photos de l'appareil sont accessibles sur Pou.Guide en cliquant ici



Origine de l’article :
proposition de Jacques ARNOULD via Paul PONTOIS
Texte, schémas et photos : J. ARNOULD
Compo, mise en ligne : Charlie CRAWLEY

Pour toute question, correctif, mise au point, ajout : contacter l'auteur par courrier postal
Jacques ARNOULD - BP 11793 MAHINA - 98709 TAHITI.



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