La peinture de votre Pou-du-Ciel


Jean-Jacques Legrand, Paul Pontois, Ed D'Antoni et Jean-Pierre Lalevée



PREPARATION ET MISE EN PEINTURE

La mise en peinture d'un Pou-du-ciel ne constitue pas une mince affaire : ce n'est pas simple a priori, et de la réussite de cette opération dépend l'aspect final de l'appareil. Cependant cela n'est pas inaccessible à l'amateur soigneux qui a été capable de construire son propre appareil...

Jean-Jacques LEGRAND a déniché sur un Internet un article en anglais fort intéressant, qui a été traduit par Jean-Pierre LALEVEE. Cette traduction est disponible ci-dessous au format Acrobat Reader :



PEINTURE AU LATEX

La mise en peinture est une étape cruciale pour la qualité de finition d'un Pou-du-Ciel. Beaucoup parmi nous utilisent une peinture pour carrosserie automobile, mais des procédés intéressants existent, qui présentent un certain nombre d'avantages. Paul PONTOIS a quelques éléments à nous proposer au sujet de la peinture au LATEX, qu'il utilise lui-même ...

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COMMENT PEINDRE VOTRE ULTRA-LÉGER

Par Ed D'Antoni, du Calgary Ultralight Flying Club
(traduit par Paul Pontois pour les membres du CAL avec l'aimable autorisation de l'auteur)

Dans le numéro de mars 2000 de Kitplanes, on trouve une étude sur les 5 méthodes d'entoilage les plus populaires. Sont comparés dans cet article le coton et le Ceconite traités à la dope Randolph, les procédés Air-Tech, Superflite et Stits. La comparaison porte sur la dégradation par les rayons UV, le jaunissement, la durabilité du brillant, la flexibilité à basse température, la résistance à la rupture et la résistance à une température élevée. Le poids terminé de chaque méthode est également indiqué. Il est intéressant de noter que le procédé coton/dope obtient des résultats qu'aucun des autres procédés ne peut égaler.

Le poids de la plupart des procédés est d'environ 0.1 livre au pied carré. Si l'on considère que la plupart des ultra-légers monoplaces ont une surface totale à recouvrir dans la gamme des 600 ou 800 pieds carrés, le poids du recouvrement est donc de 60 à 80 livres.

J'avais lu et entendu dire qu'on pouvait recouvrir un avion avec de la toile polyester et de la peinture au latex. On recommandait qu'une couche de base en peinture au latex noire protège la toile des rayons UV, puis qu'on applique les couches finales en peinture latex de la couleur désirée.

Un membre du club me dit que le latex noir ne protégerait pas contre les UV, un autre m'assura que la peinture au latex n'adhérerait pas au tissu polyester comme le Ceconite par exemple.

La curiosité l'emporta néanmoins sur ces conseils et je fabriquai quelques cadres, les entoilai avec du Ceconite, et fis quelques essais de peinture.

Je me servis d'un rouleau, aussi, le produit final fut certainement plus lourd que si j'avais appliqué la peinture au latex par pulvérisation.
Aucune peinture n'adhère au Polyester, aussi, la première couche doit pénétrer la texture du tissu et s'y accrocher mécaniquement. Pour assurer cet accrochage mécanique, la plupart des procédés recommandent d'appliquer la première couche au pinceau, en insistant suffisamment pour que la peinture pénètre le tissu.
Je fis l'essai d'appliquer une couche de noir au pinceau. L'examen révéla que la peinture n'avait pas pénétré la texture du tissu. Je changeai donc ma méthode et appliquai d'abord une couche d'apprêt (primer), puis ensuite une couche de peinture au latex noire. L'examen de l'envers du tissu montra que la couche d'apprêt avait bien pénétré et assurerait l'accrochage mécanique souhaité.

Il y a un moyen bien simple de s'assurer si la protection contre les rayons UV est suffisante. Il suffit de placer une ampoule de 60 watts derrière le tissu. Si on ne peut pas voir la lumière par transparence, c'est que la protection est adéquate. Je découvris ainsi qu'une couche de peinture latex noire n'était pas suffisante mais que deux couches assuraient une protection complète.

J'appliquai ensuite deux couches de peinture latex blanche semi-lustrée.
Mon Avid Flyer est peint en blanc "Aklaskan" de Stits. La peinture Stits ne donne pas un fini très brillant et mon latex blanc était largement aussi brillant que le Stits.
Je n'ai pas pu faire beaucoup d'essais, mais je peux indiquer que le produit final n'est pas inflammable, la combustion s'éteint d'elle-même.
De plus, il ne fait pas de craquelures quand il est replié sur lui-même par -20 degrés C.
J'ai réussi à "peler" la peinture des échantillons qui n'avaient reçu de couche d'apprêt, mais pas ceux qui avaient été apprêtés.
J'ai également pesé les échantillons et, à ma grande surprise, le poids obtenu était de 0.048 livre par pied carré, c'est à dire à peu près la moitié du poids indiqué pour les procédés commerciaux le plus couramment utilisés. Ceci correspondrait à un gain de poids possible de 35 livres pour un ultra-léger moyen.

Je dois malheureusement me contenter de ce qui se trouve déjà sur mon Avid Flyer, c'est à dire le procédé Stits, mais si jamais je construis un autre appareil, j'essaierai quelque chose d'autre.

Ed d'Antoni
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Note de Paul PONTOIS, le traducteur : Vivement intéressé par cette lecture, j'ai posé à Ed par courriel la question suivante :
"Croyez vous que je devrais coller ma toile avec du Poly-Tack et mettre une première couche de Poly-Brush comme d'habitude avant d'appliquer les 3 ou 4 couches de peinture au latex, ou bien devrais-je plutôt utiliser une autre sorte de colle et un autre apprêt (primer)?"

Voici la réponse d'Ed :
"Les produits de Stits (Poly-Fiber) sont à base de vinyle et il n'y a pas grand chose qui y adhère très bien.
J'ai utilisé du Poly-Tak pour coller la toile sur le gouvernail de mon Avid Flyer. Je l'ai peint au latex et le résultat était bon.
Un de nos membres a utilisé le "3M 10 Bond Cement" pour coller sa toile, puis l'a peinte au latex. Après plus de 4 ans, le résultat est toujours bon.
Utilisez un bon apprêt acrylique, pas l'apprêt de Stits.
J'essayerais une peinture au latex acrylique de qualité comme la Benjamin Moore ou la Pratt & Lambert".

 




PEINTURE DU FUSELAGE (Jean-Pierre LALEVÉE)

L’objectif de la mise en peinture est à la fois utilitaire et esthétique : protéger le fuselage, et obtenir un aspect de surface qu'on aimerait proche de la carrosserie automobile. Par souci écologique, on peut choisir d’utiliser une laque acrylique brillante, à passer au pistolet, pour éviter les solvants chimiques du genre white-spirit  ou acétone … Mais est-ce vraiment une bonne idée ? Récit ...

L’ATELIER, LE MATÉRIEL

Pour peindre au pistolet, l'idéal est d'avoir une cabine de peinture sous la main. Une cabine de 4 m x 3 m se construit facilement avec des bâches en plastique. On évite ainsi d'envoyer de la peinture partout, mais ce n'est pas sans inconvénients. Le principal problème vient du brouillard qui se forme en quelques secondes dans la cabine lorsqu’on peint au pistolet. On en avale, on en respire, on en a dans les yeux : il est impératif de porter un masque de respiration sérieux. L’usage des lunettes est quasi impossible, car le brouillard se dépose dessus et on ne voit plus grand chose au bout de quelques secondes seulement. Mais peindre en fermant les yeux est acrobatique.

Ce brouillard a également pour effet de nuire au résultat, car les particules microscopiques qui le composent restent très longtemps en suspension dans l’air et se déposent doucement sur la peinture en partie sèche, qui perd alors une partie de sa brillance. Il faudrait une aspiration du brouillard pour éviter ce problème, et disposer d’une vraie cabine de peinture de professionnel.

FAIRE :

- Monter une cabine 4 x 3 m au moins.
- Acheter un très bon pistolet à peinture (réglages séparés des débits d'air et de peinture),
capable de fonctionner avec peu de pression pour produire moins de brouillard.
- Porter un masque avec si possible apport d'air extérieur.

NE PAS FAIRE :

- Être pressé.
- Respirer les particules en suspension dans l'air : il est INDISPENSABLE d'utiliser un masque sérieux,
si possible avec apport d'air extérieur ; cela étant d'autant plus important que la peinture contient des solvants
volatils. La peinture acrylique emploie l'eau comme solvant, mais il faut quand-même un bon masque.
- Bricoler un aspirateur de brouillard avec un vieil aspirateur ménager,
et s'en servir bêtement pour aspirer des vapeurs INFLAMMABLES !

LA PRÉPARATION DU SUPPORT

Pour obtenir le meilleur état de surface final, la préparation avant peinture est fondamentale, plus encore que l’opération de peinture elle-même. Il faut d’abord boucher les pores du bois. Un bouche-pores adapté à la peinture (acrylique, glycérophtalique ou autre) convient parfaitement. Un ami menuisier m’a conseillé d’utiliser un vernis cellulosique, qui a l’avantage de redresser les " poils " du CTP qu’on élimine ensuite par ponçage.

Mais je n’ai pas suivi ce conseil, et je me suis contenté de passer directement au rouleau 2 couches d’apprêt blanc (vendu sous la dénomination de " sous-couche acrylique "), que j’ai ensuite poncées avec du papier de verre fin. Mais cette sous couche acrylique a une surface extrêmement dure, qu’il est quasi impossible de poncer à la main avec du papier de verre fin. J’ai alors employé une petite ponceuse électrique triangulaire, qui m’a permis d’obtenir un résultat que j'estimais correct, alors qu'on voyait encore un peu la structure du CTP à certains endroits.

Croyant que la peinture serait assez efficace pour cacher ces petits défauts, j'ai entamé la mise en peinture par une première couche de fond en laque acrylique brillante. Erreur grave : les défauts se voyaient encore plus du fait de la brillance.

FAIRE :

- Acheter un stock suffisant de papier de verre et de papier à l'eau de carrossier.
- Poncer légèrement le CTP pour éliminer les petits défauts qui se verront sous la peinture.
- Bien dépoussiérer avant de passer au bouche-pores.
- Poncer/dépoussiérer entre chaque couche de fond.

NE PAS FAIRE :

- Ménager sa peine et économiser l'huile de coude.
- Penser que la peinture cachera les défauts.
- Négliger la préparation du fond.

LA MISE EN PEINTURE

J’aurais donc dû, avant de commencer la mise en peinture, passer une nouvelle couche d’apprêt blanc, poncer avec un papier de carrossier jusqu'à disparition des défauts visibles, et recommencer si nécessaire, afin qu’à aucun endroit la structure du CTP n’apparaisse.

M’enfonçant encore un peu plus dans mon erreur, j’ai passé une seconde couche de laque jaune. Pour éliminer les défauts visibles, le ponçage que j'ai effectué ensuite avec du papier à l’eau a été très important, et j’ai atteint à certains endroits la couche blanche d’apprêt, tandis qu'à certains autres, j’ai même atteint le CTP.

Au bout du compte, je me suis retrouvé avec des petites zones presque complètement dégarnies de l’apprêt, et d’autres avec une couche de jaune plus ou moins épaisse. C’était mal parti, mais au toucher l’état de surface était bon partout ... Le papier de verre à l’eau (carrossier), permet d’obtenir un lissage excellent, sans effort colossal, même à la main.

J’aurais pu repartir de zéro en enlevant tout et en recommençant, mais j’ai préféré continuer comme ça.

Pour éliminer les défauts tout en facilitant l’accroche de la couche de peinture suivante, j’ai dépoli chaque couche avec un Scotch-Brite. Cette méthode fonctionne bien, et il suffit de 10 minutes de Scotch-Brite pour dépolir correctement tout le fuselage avant la couche suivante.

Malheureusement, les zones où j’avais atteint le CTP lors du premier ponçage, et qui ne bénéficiaient donc plus de la luminosité de la sous-couche blanche, restaient plus sombres et très visibles à travers la peinture jaune, qui s’est révélée assez peu couvrante. J’ai donc été contraint de multiplier les couches jaunes pour masquer complètement ces zones sombres. Il faut dire que pour éviter les coulures sur les côtés verticaux, je projetais à chaque fois un voile assez mince... Je n’ai pas compté le nombre de couches, mais je pense en avoir projeté au total 6 ou 7 couches ! Ma méconnaissance de l’usage du pistolet à peinture (et la qualité déplorable du pistolet utilisé) a parfois provoqué de sérieux défauts d’aspect, et le ponçage à l’eau a fait disparaître plus d’une couche ratée. Consommation totale pour l’intérieur et l’extérieur du fuselage : 1,5 kg de peinture jaune, comprenant le gaspillage dû au nettoyage du pistolet, soit environ 800 à 900 g de peinture réellement appliquée.

Quand l’aspect d’une couche était correct, je passais quand-même un léger coup de papier à l’eau sur les zones que je ne trouvais pas assez lisses.

Je passe sur les péripéties du style coulures, peinture qui sèche trop vite pour cause de canicule, ou tentative de pistoler à l’extérieur alors qu’il y a un léger vent et que le séchage est instantané, mauvais réglage du pistolet, essai de passer une couche au rouleau produisant une surface granuleuse.

Si des poussières ou des fibres quelconques se retrouvent incrustées dans la peinture qui vient de sécher, le papier de verre à l’eau fait merveille pour les éliminer.

La dernière couche : c'est évidemment la plus critique. Pour éviter le dépôt du brouillard sur les zones déjà peintes, on peut peindre par demi-fuselage, en masquant le côté à ne pas peindre. Cela permet d’aller vite, donc de réduire le volume de brouillard, qui ne peut plus se déposer sur la zone masquée.

FAIRE :

- Première couche : légère en voile de fond, puis lissage/dépolissage au Scotch-Brite.
- Ensuite : couches légères croisées avec lissage/dépolissage et élimination des saletés collées à chaque fois.
- User et abuser du papier à l’eau de carrossier.
- Choisir de préférence une peinture couvrante. La peinture acrylique n'est pas un bon choix de ce point de vue.

NE PAS FAIRE :

- Peindre quand il fait trop chaud.
- Peindre dehors s'il y a le moindre souffle de vent.
- Faire un élevage de moucherons à proximité.
- S'énerver parce qu'on vient de rater une couche, ou parce qu'on sent qu'elle va l'être : la prochaine sera bonne ...

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POUR CONCLURE

La peinture acrylique doit être projetée par une température de moins de 20° si possible, car elle sèche vite. Il ne faut en mettre ni trop (elle coule), ni trop peu (elle ne se tend pas et la surface reste granuleuse). Le réglage du pistolet est très important et assez délicat, surtout si comme moi on s'acharne à employer un pistolet de bas de gamme. Pour voir si la projection de peinture est correcte, il faut observer la surface qu’on vient de pistoler à contre-jour : si le reflet est bien lisse, ne rien rajouter (ça pourrait couler) ; si le reflet est granuleux, on rajoute un passage léger, et encore un (très léger..), et encore un autre (très, très léger...), jusqu'à ce que ça devienne lisse et tendu. Tout ça est à faire à la plus grande vitesse possible, à cause du séchage très rapide.

Le fait de mouiller le sol semble améliorer le résultat. Je pense même que transformer la cabine de peinture en sauna (froid) avec un brouillard d’eau très léger permettrait de s’affranchir des problèmes de séchage trop rapide, du moins avec l'acrylique.

La peinture acrylique est – aux dires du professionnel qui me l’a vendue - difficile à appliquer au pistolet. Mais selon lui, l’application au rouleau donne le même résultat qu’au pistolet. Et ça, c’est totalement faux.

Pour confirmer que le choix d'une peinture acrylique n'était pas forcément une bonne idée, j’ai utilisé une laque glycérophtalique pour peindre le capot de réservoir. Eh bien, c’est beaucoup plus facile. Le pouvoir couvrant de cette peinture est très supérieur à celui de la peinture acrylique, et la surface se tend beaucoup mieux. Mauvais choix de départ, donc : j’aurais dû peindre le fuselage avec une peinture glycéro. Ou une peinture pour carrosserie …

Cela dit, le fuselage jaune de Mimile est au final assez joliment réussi : la peinture acrylique au pistolet permet quand-même d’obtenir une belle surface lisse, dans laquelle le paysage se reflète sans honte. Je regrette seulement d’avoir perdu beaucoup de temps pour obtenir ce résultat. Je ferai mieux la prochaine fois...
N'oubliez pas de mettre assez de couches de latex noir pour que l'ampoule de 60 watts ne soit plus visible par transparence.

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Complément de Paul PONTOIS

Un collègue qui a construit un Hi-Max à Louiseville (Canada), vient de finir de peindre son appareil de cette façon. Il en est très satisfait (et son portefeuille également).

Il semble que la meilleure colle à utiliser pour coller la toile polyester soit une colle contact à base aqueuse. On m'a parlé de Cécobond.

La peinture au latex est très répandue en Amérique du Nord où les maisons sont en bois et où l'on a besoin pour les peindre d'une peinture dont le solvant est l'eau, et très résistante aux conditions climatiques extrêmes.

Aucune réaction (cutanée ou respiratoire, sauf allergie !) n'est à craindre avec cette peinture et ce n'est pas un mince avantage.

Avant peinture, la tension de la toile s'obtient à l'aide d'un fer à repasser calibré, selon la méthode Stits/Poly-Fiber. L'usage du pistolet décapeur thermique est déconseillé (quelle que soit d'ailleurs la peinture utilisée ensuite) car avec cet engin, il est difficile d'appliquer une température homogène sur toute la surface de la toile, et les risques sont grands d'atteindre la température critique à laquelle la toile polyester se détend irrémédiablement, se plastifie, puis fond. Il est à noter que le Dacron Poly-Fiber se tend très bien au fer à repasser ; mieux d'ailleurs apparemment que le Dacron d'autres marques.

Après deux couches de peinture au latex, certains constructeurs perfectionnistes et qui ne craignent pas d'alourdir leur appareil mettent deux couches au pistolet de peinture pour carrosseries automobiles, où ils ajoutent une petite quantité d'un produit anti-cassures. Avec les nouvelles peintures au latex acrylique qui sont très brillantes, cela ne semble pas nécessaire.

Je crois que ces quelques éléments pourront éveiller la curiosité de plusieurs constructeurs...



Origine de l’article: proposition de Jean-Jacques LEGRAND
Texte: Paul PONTOIS, Ed D'ANTONI et Jean-Pierre LALEVEE
Article d'origine: http://www.zenithair.com/kit-data/ra/paint2.html
Mise en ligne: Thibaut CAMMERMANS

 


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