Jacqueline Clerc

 

Un portrait de Jacqueline CLERC, dans la revue PILOTE PRIVE, de la plume de Charles Henry TAILLEZ.

Merci à Jean-Jacques LEGRAND qui a transmis l'article et à Michel BOIMARE qui en a retapé le texte.

Jacqueline CLERC dans PILOTE PRIVE

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UNE SACRÉE BONNE FEMME

 

par Charles Henry Taillez

 

Lorsqu'une femme ne peut pas marcher, courir, danser, évoluer parmi nous comme toutes les autres femmes parce que la polio l'a frappée à l'âge de six ans, il lui reste une solution pour se déplacer en oubliant la malchance et les difficultés, et quelle solution : voler !


C'est ce qu'a parfaitement compris et réalisé Jacqueline Clerc, première femme paraplégique à devenir pilote. Ce vieux rêve d'enfant, elle l'a caressé, nourri, cultivé, jusqu'à le concrétiser enfin en 1974. C'est cette année-là, en effet, qu'elle a pris ses premières leçons à l'aéroclub des Mureaux, ou venait de se créer une école de pilotage pour paraplégiques sur le seul avion spécialement équipé à cet effet : un Rallye 125 cv, prêté par la SOCATA. Et ce qui avait semblé fou et irréalisable à nombre de ses familiers, est devenu un jour cette réalité exemplaire et merveilleuse.


Certes, Jacqueline Clerc n'avait pas attendu ce moment pour manifester son dynamisme et sa ténacité. Frappée par l'adversité mais n'ayant pas l'âme d'une assistée, elle avait mobilisé toute son énergie pour se prouver, à elle et à son entourage, qu'elle restait une personne normale, indépendante, responsable, et, à côté de son métier de clerc de notaire, elle avait déjà pratiqué le tir à la carabine, puis la natation à haut niveau.


En juin 1975, elle obtenait le premier degré du brevet de pilote privé qui lui fit remis au Salon du Bourget par Jacqueline Auriol, puis, en 1977, le second degré. Vint ensuite l'autorisation d'emmener des passagers, jusqu'alors refusée aux handicapés, qu'elle obtint en écrivant au Ministère.


Et ensuite ? Ensuite, Jacqueline a poussé ses rêves un peu plus haut, u peu plus loin. Elle a voulu réaliser un grand raid aérien de 5 000 km : la Ferté-Alais – Nouabhidou (Sénégal). Et sa détermination a eu raison de toutes les difficultés, elle a dynamisé tout son entourage, les pilotes des Mureaux émerveillés, sans l'avouer, par cette sacrée bonne femme, et sa famille, toujours un peu inquiète, mais déjà fière et conquise.


Son père se passionna même pour le projet au point de lui construire, en 3 000 heures de travail, un avion Croses Criquet, de formule « pou du ciel » de Mignet, offrant la particularité de ne pas avoir de palonnier. Au moment de la construction, elle fit installer dans le fuselage, des réservoirs supplémentaires qui lui donnait une autonomie de 9 heures de vol, et le 9 mai 1981, elle s'envolait pour un parcours de sept étapes, à raison de cinq heures chacune environ.


Et si, au retour, la malchance devait la rejoindre, puisque son avion, pris sous une rafale, s'était mis sur le nez au décollage, elle ne se découragea pas, fit rapatrier son Criquet et aujourd'hui, elle et lui, inséparables, dans les meetings aériens où elle est devenue le porte-drapeau de tous les pilotes handicapés.


J'avais rencontré Jacqueline Clerc ce fameux 9 mai à la Ferté-Alais, berceau de la reconstruction des avions anciens et rendez-vous de tous les fanas, et elle m'avait dit, tandis qu'elle prenait place à bord de son avion : « Je crois que lorsqu'on a vraiment envie de quelque chose, et même si l'on est handicapé, il ne faut pas hésiter à tenter le premier pas. Avec beaucoup de volonté et de constance, on doit obligatoirement parvenir au but.
C.H.T

 


Origine de l'article: Charles Henry TAILLEZ, revue PILOTE PRIVE - transmis par JL LEGRAND
Saisie du texte : Michel BOIMARE
Mise en ligne :
Thibaut CAMMERMANS

 


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