«Eux qui ne coûtent rien à l'état... les pionniers du dimanche» (1951)


Sous le titre «Eux qui ne coûtent rien à l'état... les pionniers du dimanche», le numéro 24 de la revue bimensuelle "Aviation Magazine" daté du 15 avril 1951, contient en pages 14 et 15 un article intéressant dans lequel il est fait allusion au HM-8 et au HM-290.



Eux qui ne coûtent rien à l’Etat…


On se souvient de la vague d’enthousiasme qui déferla sur la France puis s’étendit au monde entier quand Henri Mignet publia son inimitable bouquin « Le Sport de l’Air ». Le génial bricoleur avait déclenché la mystique de la construction d’amateur. Saluons ce mérite, qui demeure, tandis que la voie dans laquelle il s’engagea ensuite fut moins heureuse.

Le H.M.8 connaît une mémoire intacte, alors que l’expérience devait altérer les trois critères que Mignet attribuait au «Pou du ciel» : facilité de construction ; facilité de pilotage ; sécurité. L’art et la science de la construction d’amateur allaient s’améliorer de telle sorte que ces critères sont devenus l’apanage de nombreux petits avions des formules les plus diverses, parmi lesquelles la formule classique domine.

A cette évolution s’est ajouté un élément puissant : l’orthodoxie de la construction, disons le respect scrupuleux de plans définitifs. Il s’agit-là, non pas d’arrêt de la recherche, mais d’arrêt – de mise au ban librement accepté – du « modificatisme » auquel les constructeurs amateurs ont enfin compris ne plus avoir droit quand ils ont entrepris la réalisation d’un type. Réforme salutaire. Progrès efficace.

Ainsi d’innombrables bénévoles qui savent ne plus mélanger les rôles – d’une part les « chercheurs », d’autre part les « constructeurs amateurs » (mais éclairés) – sont liés entre eux par des journaux et des organismes élus. Ils constituent le Réseau du Sport de l’Air. Ce R.S.A. peut s’intituler à juste titre : Groupement des constructeurs amateur de France, du moins pour la section centrale qui a son siège 183, Cours Lafayette, à Lyon (6e arrondissement).

Les amateurs travaillent dans le dynamisme de bon aloi que confère cette richesse : l’indépendance, qu’ils s’entraident pour conserver au mouvement en dépit d’une (…) (fin du document original)




Dans les années d'après-guerre, l'aviation française se développait grâce aux subsides de l'état; du moins l'aviation "officielle", militaire et commerciale, les aéro-clubs étaient également aidés pour leur équipement. L'objectif principal de cette aide apportée aux clubs était clair: former les pilotes pour le prochain conflit...

Quant aux constructeurs amateurs, ils devaient se débrouiller seuls; le Réseau du Sport de l'Air offrait alors un point d'appui pour eux, dans une législation que l'auteur de l'article décrivait comme "courtelinesque". C'est grâce à H. Mignet que le R.S.A. avait vu le jour, mais l'article ne le mentionne pas; d'ailleurs, globalement, à cette époque, Aviation Magazine ne montrait aucun enthousiasme particulier vis à vis du Pou-du-Ciel ni d'Henri Mignet, et les articles qui les citent sont assez rares.

Le R.S.A. avait un certain crédit puisque deux de ses membres avaient participé ès qualité à une commission nationale mise sur pied pour sélectionner un certain nombre d'appareils de construction amateur monoplaces, dont les plans étaient ensuite distribués aux clubs; charge à eux de développer en leur sein des ateliers pour les construire...

Parmi les avions représentés en photo dans l'article, on découvre un HM-290:

 

HM-290 Aviation Magasine 1951

D'autres appareils n'appartenant pas à la formule Mignet figurent aussi en illustration de l'article. On découvre parmi eux nombre d'avions dont certains sont restés très méconnus alors que d'autres faisaient une brillante carrière, et qui pour beaucoup d'entre eux feraient aujourd'hui de parfaits ULM.

Avions à ailes hautes:

- Leduc RL-16, détenteur du record du monde d'altitude
- Maurice Brochet MB-71
- Vedette, de Fleury
- Maurice Brochet Pipistrelle
- Roger Adam RA-14
- Aero 110

Avions à ailes basses:


- Minicab
- Turbulent de Roger Druine
- Bébé Jodel (qui coûtait environ 500.000 Francs de l'époque chez le constructeur; revenait à 250.000 F si on le construisait soi-même)
- Jodel D-111 (biplace)
- Roitelet de Dabos, très joli appareil qui, équipé d'un Poinsard bicylindre de 25 CV, volait en croisière à 135 km/h et qui ne fut construit qu'à un seul exemplaire...
Voyez http://www.aviafrance.com/aviafrance1.php?ID=9611&ID_CONSTRUCTEUR=1443

Aviation Magasine 1951


Aviation Magasine 1951

 


Aviation Magasine 1951

Avions à deux plans:

- Microplan, très joli...
- Aéro 110
- Mignet HM-290
- Autoplan 2 L-B 9 de Lacroix et Barret, dont la ressemblance avec la formule Mignet est frappante !



Origine de l’article: Revue Aviation Magazine, archives de Jean-Pierre LALEVEE
Mise en ligne: Thibaut CAMMERMANS


Avertissement important | Carte du site | Webmaître: thibaut_cammermans#yahoo.fr (#=@)